Si vous avez déjà admiré les rizières balinaises, vous vous êtes surement demandé comment ces paysage pouvaient rester verdoyants toute l’année. Tout simplement, grâce au subak. Sans lui, Bali ne serait pas le paradis naturel que l’on connaît.
Le subak est un système d’irrigation écologique et durable né au IXe siècle à Bali. À cette époque l’agriculture était au coeur de la vie balinaise, bien loin du tourisme ! Le riz étant l’aliment de base ici, a besoin de beaucoup d’eau pour pousser. Afin de faire perdurer les rizières il fallait alors une gestion très efficace de l’eau, car sans elle, pas de récoltes. C’est donc ce système ingénieux qui a permis aux balinais de cultiver leurs terres depuis plus de 1000 ans.
Le subak a été conçu pour répartir équitablement l’eau entre les rizières, afin d’être plus productifs et de préserver les ressources d’eau sur le long terme. Ce système repose sur un modèle communautaire: chaque subak regroupe plusieurs agriculteurs qui se partagent la même source d’eau et s’organisent pour sa répartition. Ici toutes décisions sont discutées et prises collectivement lors de leurs réunions dans le temple de l’eau de leur subak. Chaque agriculteur a son rôle à jouer que ce soit dans l’entretien des canaux ou pour s’assurer que l’eau circule correctement.
À Bali les rizières sont aménagées en terrasses, un système aussi ingénieux qu’esthétique. Cette organisation permet de faire couler l’eau naturellement d’une rizière à l’autre sans la gaspiller et en l’optimisant. Grâce à cette disposition en paliers, les effets de la saison sèche et les inondations durant la saison des pluies sont limités. Mais ce n’est pas tout ! Au-delà de son efficacité, ce modèle offre des paysages spectaculaires et emblématiques de Bali.
La valeur du subak va bien au-delà de son utilité agricole. En reconnaissance de son importance agricole mais aussi culturelle et spirituelle, le subak est classé au patrimoine mondiale de L’UNESCO. Cela montre sa valeur et la nécessité de préserver ce savoir-faire unique transmis de génération en génération.
Alors non le subak n’est pas juste une idée sortie de nulle part, si il fonctionne aussi bien depuis toutes ces années, c’est parce qu’il est organisé minutieusement et parfaitement structuré. De la source jusqu’aux rizières, tout est pensé pour optimiser les ressources et garantir de bonnes récoltes chaque années.
L’eau qui nourrit les rizières provient des rivières et des sources naturelles, elles-mêmes alimentées par l’eau de pluie qui tombe sur les montagnes. Lorsqu’il pleut en altitude l’eau s’infiltre dans le sol ou alors coule sur le montagnes jusqu’à atteindre les rivières. C’est donc cette eau que les agriculteurs utilisent pour irriguer leurs rizières.
Mais pour que l’eau arrive jusqu’aux cultures, il faut la gérer efficacement. Et c’est là que le subak fait toute la différence. Grâce à un réseau bien pensé de tunnels, canaux et de barrages en pierre et en terre, l’eau est captée et directement redirigée vers les rizières. Ce système fabriqué à partir de matériaux naturels permet de stocker l’eau et de la distribuer de manière fluide et équitable.
Un fois l’eau arrivée, elle est soigneusement répartie en fonction des besoins de chaque parcelle. Grâce au subak les rizières reçoivent une quantité d’eau proportionnelle à leur taille et au stade de croissance du riz. L’eau circule dans un ordre bien précis, passant d’une rizière à l’autre afin qu’elles ne soient pas trop ou pas assez arrosées. Pas de pompe, pas de technologie mais tout roule comme sur des roulettes.
Ce système ne fonctionne pas seul. Derrière le subak se cache vraie organisation humaine, tout repose sur la coopération et le partage. Autrement dit, ici tout le monde met la main à la pâte.
Même si chaque décision est prise collectivement, dans chaque subak un chef, appelé pesakeh, est désigné. Il n’est pas choisi par hasard ni en fonction de sa classe sociale, mais pour sa connaissance du calendrier balinais et sa maîtrise de la culture du riz.
Le pesakeh s’occupe d’irriguer correctement et au bon moment les rizières car ça ne se fait pas n'importe comment. Et ce n’est pas tout ! Il veille aussi à ce que les règles soient respectées: participer à l’entretien des canaux, suivre le calendrier agricole, participer aux réunions, ne pas gaspiller d’eau, ne pas utiliser de produits chimiques et pesticides et respecter l’aspect religieux et culturel.
Le subak permet d’irriguer parfaitement les rizières mais aussi d’optimiser les récoltes. Grâce à cela, les agriculteurs peuvent obtenir jusqu’à 3 récoltes de riz par an contre 1 à 2 récolte avant, un vrai game changer ! Avant ce système, la culture du riz dépendait uniquement de la saison des pluies. L’eau n’était donc pas utilisée de façon optimale, certaines parcelles étaient trop arrosées tandis que d’autres pas assez.
Contrairement à de grandes exploitations mécanisées, ici, depuis des siècles, tout est fait à la main. La récole du riz est une tâche minutieuse qui demande beaucoup de patiente et de savoir-faire. C’est un travail collectif, tout le monde s’y met! Les agriculteurs coupent les tiges et les rassemblent. Après la coupe, le riz est battu pour séparer les grains de leur tige, puis mis à sécher au soleil.
L’agriculture Balinaise repose sur des méthodes naturelles et durables, par leur irrigation provenant de la pluie, de leurs canaux fais à partir de matériaux naturels mais aussi par leur façon de cultiver. Les agriculteurs utilisent des engrais organiques et comptent sur leurs amis les grenouilles, libellules …pour protéger leurs cultures.
Le Tri hita karana, est une philosophie qui guide la vie des balinais depuis des siècles. C’est vivre en harmonie avec l’homme, la nature et le divin, on t’explique :
L‘harmonie avec l’homme : C'est entretenir de bonnes relation basées sur la bienveillance, l’entraide et la solidarité.
L’harmonie avec la nature : C'est respecter ce qui nous entoure, l’eau, la terre…
L’harmonie avec le divin : C'est respecter les dieux et la spiritualité à travers, les offrandes, les prières et les cérémonies.
Le subak n’est pas juste un système d’irrigation bien pensé, il est le parfait exemple de cette croyance. Il est en avec ces trois piliers, le divin car l’eau est un don, la nature et l’homme car c’est un système communautaire. C’est un équilibre essentiel qui perdure depuis plus de 1000 ans.
Chaque subak, ou presque, possède son propre temple de l’eau, un lieu ou la spiritualité et l’agriculture se rencontrent. Ils ne sont pas là juste pour faire joli mais jouent un rôle essentiel dans la gestion de l’eau. C’est ici que se déroulent toutes les réunions du subak et que toutes les décisions sont prises.
Dans ces temples, on y célèbre également Dewi Sri, déesse du riz et de la fertilité. Et à bali qui dit divinité dit offrandes. Les agriculteurs vont souvent en dépose pour protéger leurs rizières et assurer de bonnes récoltes. Ce n’est pas juste une tradition mais une marque de respect envers la nature, ici, l’eau est un don.
Le riz, n’est pas une simple culture, il est une bénédiction des dieux. Et comme tout ce qui relie les dieux, il se célèbre. Le chef de subak entre en jeu à ce moment, en plus de gérer le bon fonctionnement de l’irrigation, il a comme mission d’organiser le cycle de cérémonies en l’honneur du riz. Ces cérémonies suivent le calendrier balinais et ont lieu au moment des grandes étapes de la culture: avant la plantation, pendant la croissance et avant la récolte.
En partie grâce à ses paysages de rizières en terrasses à couper le souffle, Bali est en pleine mutation. L’île attire de plus en plus de visiteurs, ce qui provoque la construction de nouvelles infrastructures, villas, hôtels… résultat? Les terres agricoles diminuent.
La construction d’établissements touristiques en altitude, lieu de départ du circuit de l’eau des subaks, pourraient mettre en péril les rizières situées plus bas. C’est pour cela que des zones vertes ont été définies, des endroits où la construction et le développement sont fortement restreints afin de préserver la culture du et les paysages verdoyants de l’île.
Bali attire chaque année des millions de visiteurs, des paysage idylliques, mais derrière tout cela, le tourisme de masse laisse des traces. Il impact l’environnement par les nombreuses constructions, la pollution et la surconsommation d’eau.Les infrastructures utilisent une grande partie des ressources en laissant parfois les agriculteurs en difficultés.
En 2019 Bali a fait face à une crise de pénurie d’eau, plus de 200 jours sans pluie dans certaines régions. La pression du tourisme n’a fait qu’accélérer l’épuisement des ressources, ce qui a perturbé le fonctionnement du subak et mis en péril l’irrigation des rizières.
Le subak est bien plus qu’un système d’irrigation, il façonne les paysages, la culture et la vie balinaise depuis plus de 1000 ans. Il permet une agriculture durable et harmonieuse en alliant l’humain, la spiritualité et le savoir-faire.
Face à l’urbanisation le subak est en danger, alors une question se pose? Comment préserver cet héritage unique malgré l’évolution de l’île ?
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